Un roman captivant !
Présentation éditeur :
Photo : Antoine Soubigou
Ici on dit que le vent est parfois tellement fort qu'il arrache les ailes des papillons. Sur ce bout du monde en pointe du Cotentin vit une poignée d'hommes.
C'est sur cette terre âpre que la narratrice est venue se réfugier depuis l'automne. Employée par le centre ornithologique, elle arpente les landes, observe les falaises et leurs oiseaux migrateurs.
La première fois qu'elle voit Lambert, c'est un jour de grande tempête. Sur la plage dévastée, la vieille Nan, que tout le monde craint et dit à moitié folle, croit reconnaître en lui le visage d'un certain Michel.D'autres, au village, ont pour lui des regards étranges. Comme Lili, au comptoir de son bar, ou son père, l'ancien gardien de phare. Une photo disparaît, de vieux jouets réapparaissent.
L'histoire de Lambert intrigue la narratrice et l'homme l'attire. En veut-il à la mer ou bien aux hommes ? Dans les lamentations obsédantes du vent, chacun semble avoir quelque chose à taire."
Photo : Antoine Soubigou
Mon voyage dans ce roman :
Je suis entrée doucement dans ce coin du Contentin presque coupé du monde. au goût d'embruns. J'ai suivi la narratrice dans un univers maritime qui nous retient. J'y ai rencontré des personnages attachants dans leurs fêlures : Lambert, cet inconnu torturé par son passé, en quête d'une vérité, la vieille Nan, qui guette la mer les soirs de tempête, Lili, qui tient le café, coeur de cette petite communauté et s'occupe de sa mère, cette vieille qui souffre encore du désamour de son mari, le vieux Théo. Ce dernier, ornitologue à la retraite et ancien gardien de phare ,qui vit reclu avec ses chats. Raphaël, cet artiste de génie qui sait voir l'humanité. Sa soeur, Morgane. Max, un homme simple mais profond ...
Photo : Antoine Soubigou
Oui, les personnages sont bien campés dans leur caractère, à la limite de la caricature. Mais on s'y attache.
On cherche à comprendre ce lourd secret qu'ils cachent. On vit la lente renaissance de la narratrice qui tente de se reconstruire après la mort de celui qu'elle a aimé.
Ce roman est une lente progression dans le passé qui permet de reconstuire le présent.
Les uns parviendront à se réconcilier avec ce passé difficile.
D'autres continueront simplement leur vie avec courage ou passion.
Certains construiront pas à pas leur bonheur jusqu'à la réalisation de leur rêve.
EXTRAITS :
"Le soir est tombé. Derrière chaque fenêtre, les lumières s’allumaient, elles filtraient, jaunes à travers les rideaux de dentelles.
Dès cinq heures, les tables des cuisines devenaient les tables des confidences. Les mains autour des tasses. Les têtes penchées. Rapprochées. Les verres qui traînaient, les torchons au-dessus des poêles.
C’était la fin du jour. Pas encore la nuit. Mais cette heure terrible où les ombres reviennent. Les chiens ont commencé à gueuler.
Un premier faisceau de lumière a glissé du phare sur la surface de l’eau, il a éclairé le port, le mouillage des bateaux. La lumière a aussi éclairé La Griffue et tout a été à nouveau plongé dans le noir.
J’ai croisé des silhouettes, des êtres devenus des ombres, parfois à ce point seuls qu’ils frappaient à n’importe quelle porte pour s’approcher d’un regard ou d’un feu. Ceux chez qui personne ne passait se trainaient jusqu’au bistrot. Les conversations s’étiraient. Le rideau un peu tiré. Même quand il n’y avait plus personne à voir, il suffisait d’une ombre. Et quand à parler de soi ils n’avaient plus envie, il leur restait encore à parler des autres. Des vivants et des morts."
Photo : Antoine Soubigou
"Je voyais les prés et puis la mer, la mer partout, massive, puissante. Avec ce ciel bas, elle avait pris sa teinte de métal. Fécamp était juste là, derrière ce bras de mer. En face, l’Angleterre… Les maisons de la Roche, sur la gauche. Parmi tous les toits, celui du Refuge, plus long que les autres. Les tuiles claires à côté, la maison de Nan. Je regardais. Le vent me desséchait les yeux. La Hague n’est pas une terre comme les autres. Peu habitée, hostile aux hommes. J’apprenais d’elle chaque jour, comme j’avais appris de toi. Avec la même urgence."
Photo Antoine Soubigou
J'ai été complètement captivée par l'ambiance de ce livre qui m'a touchée, séduite...
Un film serait en préparation... cela ne m'étonne pas... Les paysages sauvages, l'océan lunatique, ce petit hameaux de nulle part sont autant de couleurs à un décors. J'imagine bien les relations entre les personnages, leur personnalité prendre vie sur un écran.
Replonger dans ces déferlantes grâce au 7ème art ....une belle tentation...
En attendant ce plaisir, je vous envie, vous futur lecteur qui allez faire le choix de vous laisser emporter dans les pages de ce roman !
Les Déferlantes sont selon Claudie Gallay
« toutes ces vagues qui vous emportent qui vous cognent, comme dans la vie ».
La plupart des photos illustrant cet arcticle sont l'oeuvre d'un photographe normand de talent : Antoine Soubigou... Je suis arrivée par hasard sur son site et je n'ai pas regretté ! Je vous conseille d'y faire un petit voyage....